mardi 3 juin 2008

Même Victor Hugo ...

Difficile de choisir le mot "juste" dans la phrase, surtout quand on est victime de la tendance précédemment évoquée.
Que dire alors quand on prétend écrire tout un texte satisfaisant ... ne serait-ce que pour soi-même, la moindre des choses s'agissant d'un blog perso !

Même Victor Hugo - incroyable pour quiconque a eu le bonheur d'apprécier l'étendue et la puissance de son vocabulaire - s'en plaint au passage dans "L'Homme qui rit", son roman le plus excessif, le plus débridé, le plus riche aussi au niveau sémantique.
Et une seule phrase aura suffi au génie hugolien pour exprimer une difficulté qui chez beaucoup d'autres a occupé (et occupe encore) ... tout un roman : "Le problème avec les mots, ce n'est pas leur contenu, c'est leur contour".

De froids spécialistes de l'obsession ont voulu créer un mot pour exprimer cette quête infinie : "acribologie"...

Juste peut-être, mais laid et gribouillesque à souhait !

Alors, ne nous prenons plus la tête et relisons plutôt Victor Hugo.

lundi 2 juin 2008

Procrastination ...

Il suffit de prononcer ce mot pour s'apercevoir que s'en défaire ne sera pas une mince affaire.
Le prononcer sans bafouiller est déjà une performance, d'une manière fluide est digne d'un comédien professionnel, sans postillonner est quasi impossible...

Car il est coriace le bougre !

Il grince, il coince, il craque, il racle et il renâcle sous sa carapace chitineuse de cloporte, à l'évidence pas très propre.
Il est vil, prétentieux et lâche, il démarre par une sèche flatulence, prend un faux air d'élévation, pour s'aveulir dans une chute molle, soumise, obséquieuse : sourcil levé et bouche en cul de poule du jésuite, queue flaccide du bedeau.

Mais il est coriace le bougre !

Et il suffit de s'y coller les doigts pour ne plus pouvoir s'en détacher car derrière cinq syllabes rafistolées à la bave de crapaud, une froideur rance et moite de vieille pierre, il y a d'abord un sens ... et c'est ça qui est terrible.